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#webtube : Sous Christine Lagarde, présidente de la BCE depuis 2019, la masse monétaire M2 a augmenté à un rythme sans précédent depuis la création de l’euro, avec une progression moyenne de 7 points par an
En juin 2025, la masse monétaire M2 (un indicateur clé pour évaluer la liquidité de l’économie et l’impact des politiques monétaires) de la zone euro atteint 15 000 milliards d’euros, en hausse de 2,7 % par rapport à l’année précédente. Cette création monétaire massive ne génère pourtant aucune croissance économique significative, contrairement aux États-Unis où 4,5 % de croissance monétaire génèrent 2,5 % de croissance.
L’Europe est prisonnière d’une crise systémique que les politiques monétaires de la Banque centrale européenne (BCE) ne parviennent plus à résoudre. Malgré des années d’assouplissement quantitatif et d’injections massives de liquidités, la zone euro reste enfermée dans un cycle de stagnation et d’endettement insoutenable. Contrairement à 2008, la BCE semble aujourd’hui impuissante à inverser la tendance, révélant l’échec flagrant du lien entre création monétaire et croissance économique. Les liquidités massives injectées ne stimulent plus l’investissement productif : elles alimentent surtout un système bureaucratique européen de plus en plus coûteux et inefficace, au détriment du secteur privé, seul producteur de richesses.
Le mécanisme est pervers : les fonds créés par la BCE profitent d’abord aux dépenses publiques improductives, privant les entreprises privées des financements nécessaires à leur développement. Pire, cette politique favorise la « zombification » des économies européennes. Les entreprises les moins performantes survivent grâce à des taux d’intérêt artificiellement bas, tandis que les acteurs innovants peinent à accéder au crédit. Résultat : l’Europe maintient en vie des structures économiques obsolètes, étouffant l’innovation et la productivité.
La BCE a dévié de sa mission originelle – garantir la stabilité des prix – pour devenir un outil de financement indirect des dettes souveraines. En achetant massivement des obligations d’État, elle retarde les ajustements structurels indispensables et encourage une irresponsabilité fiscale généralisée. Les économies européennes, dépendantes de cette perfusion monétaire, ressemblent désormais à des malades chroniques, incapables de générer suffisamment de richesses pour justifier leurs niveaux d’endettement record.
L’histoire le confirme : entre 1970 et 2011, malgré l’omniprésence des banques centrales, le monde a connu 147 crises bancaires. Les politiques monétaires expansionnistes ne préviennent pas les crises – elles les reportent et les aggravent. La BCE reproduit ce schéma à l’échelle européenne, en maintenant artificiellement la solvabilité des États membres. Cette dépendance crée un cercle vicieux : plus la BCE finance les dettes, plus les gouvernements reportent les réformes nécessaires, creusant les déséquilibres structurels.
Au premier trimestre 2025, le montant total de la dette publique de l’Union européenne (27 pays) s’élevait à 14 822 milliards d’euros, soit en moyenne 81,8 % du PIB. Pour la zone euro (20 pays), la dette publique représentait 88 % du PIB en moyenne. Le modèle européen, fondé sur la création monétaire permanente de la BCE, ne fait qu’illusion : il masque une faillite continentale déguisée, sans résoudre les problèmes de fond. La seule issue réaliste ? Des réformes structurelles radicales, plutôt que des injections monétaires sans fin.
Dans ce contexte, des alternatives comme le bitcoin émergent, offrant une monnaie non manipulable par les États – une réponse potentielle à l’échec des politiques monétaires de la BCE.
Henri Dubost, Riposte Laïque