Articles : Avril 2025 – Mar 2025 – Fev 2025 – Jan 2025 – Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

°° WEBTUBE : La manifestation de dimanche revêt, pour Marine Le Pen et son parti, une importance capitale. Après la condamnation judiciaire de la chef de file du RN, une grande opération en réaction a été décrétée, une « mobilisation populaire et pacifique ». Une réponse en deux volets. En urgence, une pétition est élaborée et mise en ligne. Son succès est immédiat, au point que le serveur saute sous l’effet de la surfréquentation du site et de son piratage. Jeudi, Marine Le Pen annonçait 500.000 signatures : le chiffre est considérable. Seconde initiative, un rassemblement est organisé à Paris. Prévue dimanche 6 avril à 15 heures, place Vauban, elle veut être la grande réponse du parti nationaliste à la peine d’inéligibilité avec effet immédiat à laquelle son leader a été condamné. Le choix devait être fait très rapidement. Sans certitude quant au succès de la mobilisation, le parti préfère un site à la capacité d’accueil raisonnable. Pas de Trocadéro, c’est la place maudite des manifestations de droite (souvenez-vous, Sarkozy, Fillon, Zemmour). En revanche, la place Vauban est idoine. Elle peut contenir environ 30.000 personnes et, avec les Invalides en arrière-plan, elle offre un cadre idéal. Mais c’est une mobilisation à risque pour un parti dont la sociologie est nettement provinciale.
RN et LFI en concurrence
Quelques voyants sont au vert, veulent croire les cadres du parti. Le nombre de signatures de la pétition mais aussi les chiffres d’adhésions, qui sont significatifs. 400 en Gironde, 300 dans le Var, 150 dans le Vaucluse, « du jamais-vu », s’enthousiasment les responsables de fédérations. Le chiffre de 20.000 nouvelles adhésions a été communiqué. De bon augure mais insuffisant, tout de même, pour assurer un succès massif, indispensable en termes d’image. D’autant qu’en réaction à ce « rassemblement de fachos » et son « risque séditieux », selon les termes de Jean-Luc Mélenchon, l’extrême gauche, emmenée par La France insoumise et Les Écologistes, organise un contre-rassemblement dans la capitale. Il se tiendra place de la République à 13 heures. « La honte sur celles et ceux qui laissent l’extrême droite faire sa loi », avertit Louis Boyard, député LFI qui appelle à l’éternel sursaut : « La République est attaquée et elle doit être défendue. » On connaît la capacité des bobos factieux et des punks à chien, pullulant à Paris, à se réveiller en pareilles circonstances. Une mobilisation en demi-teinte, concurrencée, voire doublée, par les gauchistes, serait terrible en termes d’image : le Rassemblement national bat donc le rappel. Collages en circonscriptions, tractages sur les marchés : depuis quelques jours, les militants sont partout. Bouquin (Hérault), Jenft (Moselle), Sabatou (Oise), Guitton (Aube) : l’intégralité des députés et des eurodéputés inondent les réseaux de leurs vidéos, dans lesquelles l’appel est solennel : « Nous avons besoin de vous, nous avons besoin de votre mobilisation. ». Les élus alliés du RN, emmenés par Marion Maréchal et Éric Ciotti, seront présents. Stéphane Ravier participera au rassemblement prévu pour les Méridionaux, le samedi à Marseille, et se rendra le lendemain à Paris. En revanche, Éric Zemour, Sarah Knafo et Nicolas Dupont-Aignan ne devraient pas être de la partie.
À ce sujet — Après le choc judiciaire, au RN, les militants sont déterminés
Une « guerre de l’image »
Face au risque de débordements ou de confrontations entre les deux manifestations, un dispositif « massif » a été prévu, confie à BV une source policière dénombrant pas moins d’« une quinzaine d’escadrons de gendarmerie ou de compagnies de CRS ». Le député RN Hervé de Lépinau se veut rassurant, auprès de BV : « La préfecture de Paris est habituée à ces grands événements. » L’élu de Vaucluse est confiant, tant « la base est scandalisée ». En interne, on l’assure, c’est une « guerre de l’image » qu’il faut remporter. Mais, déjà, une certaine inquiétude commence à poindre, chez certains cadres, quant à la nécessité, désormais, de « maintenir l’indignation » pendant deux ans, jusqu’à la présidentielle. « Au-delà de cette manifestation, c’est le calendrier judiciaire, la clef de cette affaire », nous confie l’un d’entre eux.
Dans la tourmente, Marine Le Pen avance un pas après l’autre. Pour l’instant, son horizon est fixé sur le rassemblement parisien dominical. Pour véritablement savoir si le peuple est derrière elle et qui, des deux France, emportera la bataille.
Yves-Marie Sévillia, dans BV