. Macron donne des leçons d’économie à Trump !

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°° WEBTUBE : Comme son ami Bruno Le Maire qui promettait l’effondrement de l’économie russe sous nos sanctions, notre vénéré Président a prophétisé que l’économie américaine allait s’appauvrir sous le coup de ses propres droits de douane, notre vénéré Président préférant l’anglicisme de « Tarif », au firmament de sa culture. Son style de grand maître reste péremptoire, sentencieux, assertif, c’est-à-dire dénué de raisonnement, comme le montrent ses deux phrases, extraites de son intervention. Mais qui oserait contredire notre vénéré Président ?

« On ne corrige pas des déséquilibres commerciaux en mettant des droits de douanes. Les bases de la théorie économique montrent le contraire. » E. Macron. Palais de l’Élysée 3 avril 16.24

Trump et avec lui toute l’Amérique seraient idiots, incompétents et ces décisions se retourneront sur eux bien avant de nous affaiblir. La petite musique russe revient. « Nos sanctions ne nous feront aucun mal, mais elles puniront les Russes car l’embargo les asphyxiera », disait l’autre brillantissime ministre des Finances. Le raisonnement, un peu faible, a failli sur le terrain. Un peu de modestie s’impose sans doute, mais est-ce possible de contester ces grands maîtres ? Macron a jugé la décision de Trump comme le maître juge l’élève : le vénéré Président serait-il un peu vaniteux, orgueilleux ?

Pour des économistes de l’ENA, qui n’en sont pas vraiment, la théorie économique vaut vérité d’Évangile. Comme en médecine en son temps, l’ENA enseigne l’arrogance, le scientisme dans tous les domaines. Macron a donc appris « les bases de la théorie économique », ignorant qu’il existe des théories économiques contradictoires et des modèles un tantinet plus compliqués que ces quelques affirmations dignes d’un lycéen. Mais lui a appris que le libre échange est bon pour le commerce et l’enrichissement des nations. C’est une certitude. Il a appris de manière manichéenne que les droits de douane et des attitudes protectionnistes, c’est affreux, réactionnaire, idiot et inefficace. Donc, Trump est un idiot puisqu’il met en œuvre une théorie idiote. À ce sujet, il est fascinant de voir nos grands médias répéter, sans aucun esprit critique, Trump est un idiot, les droits de douane c’est absurde, etc.

Malheureusement pour notre Mozart de la finance qui me fait de plus en plus penser à la caricature d’un disc-jockey célèbre, David Guetta, tapant avec acharnement sur la seule et même touche de son piano électronique, l’économie est aussi un jeu où les décisions des uns obligent les autres à réagir et que le « price maker » a parfois l’avantage du simple fait d’avoir changé la règle et joué le premier. A-t-il lu John Nash et quelques autres théoriciens économiques au-delà des bases qu’il nous balbutie ? Pas sûr.

Sérieusement, la restauration de droits de douane vise plusieurs objectifs. Le premier, générer des recettes fiscales importantes. Le second, orienter le consommateur vers des produits américains. Le troisième, créer les conditions d’un renouveau de la production locale pour satisfaire les besoins des consommateurs, en profitant de la période de protection. Le quatrième, ramener de l’activité et donc de l’emploi sur le sol américain. Les effets négatifs seront le risque d’inflation et le mécontentement des consommateurs si les produits importés n’ont pas d’équivalent et si leur consommation est régulière. C’est donc un pari sur une période.

Pour le marché automobile par exemple, une période de protectionnisme peut entraîner un repli du consommateur américain sur les voitures locales permettant un redressement économique des constructeurs dont la santé économique permettrait d’investir pour retrouver de la compétitivité, voire de l’attractivité technologique pour le consommateur. L’erreur grossière de Macron, c’est de croire de façon scolaire et binaire que la protection est mauvaise, que l’ouverture est bonne. Dans la situation de l’économie américaine, le pari trumpien n’a rien d’absurde.

Il a même le mérite d’obtenir le soutien de syndicalistes démocrates qui y voient le retour d’une économie de marché socialement responsable. Avec les droits de douane, le gouvernement Trump lutte aussi contre la concurrence déloyale de pays à très bas salaires. Le mécanisme peut s’avérer vertueux. Limiter les importations, restaurer la balance commerciale, augmenter les recettes fiscales, relancer l’économie nationale, restaurer puis accroître son efficacité, voire augmenter les salaires un peu plus tard. Au passage, une économie avec des protections redonne des lettres de noblesse au principe économique de Jean-Baptiste Say (sans doute ignoré du vénéré Président qui ne connaît que la base de la théorie économique, c’est lui qui le dit), J.B. Say disait que dans une économie protégée, l’ensemble des entreprises pouvaient utilement augmenter les salaires pour accroître la consommation dans un cercle plus fermé, les salaires donnés par les uns profitant aux entreprises des autres par la consommation, dans le cercle des entrepreneurs et des salariés sur un territoire protégé par les droits de douane.

D’ailleurs, mais Macron doit l’ignorer, des historiens de l’économie ont montré que les périodes de protection ont plus favorisé la richesse des nations qu’un libre échange qui appauvrit tous ceux qui subissent la concurrence déloyale. Il y a un débat sur l’enrichissement en période d’ouverture, malgré les vérités matraquées de la doxa officielle.

Bref, ceux qui sont catégoriques en matière économique sont surtout des doctrinaires. Le pari de Trump tient aussi à l’effet escompté sur les économies concurrentes. Comment les autres vont-ils réagir ? Trump ne vise-t-il pas une sortie partielle de la mondialisation au profit d’économie de blocs capables de subvenir à leurs besoins ? La réponse de la Chine, hérissant des droits de douane, signifie que la position de Trump est imitée. N’est-ce pas ce que visent les Américains ? Encourager les grandes économies à se concentrer sur leur développement local pour élever le niveau de vie par la consommation intérieure ? La vérité tient alors de cette théorie des jeux, c’est-à-dire le pari du comportement qu’adopteront les autres pays.

Bref, la formule de Macron, « On ne corrige pas des déséquilibres commerciaux en mettant des droits de douanes. Les bases de la théorie économique montrent le contraire », témoigne de son indigence intellectuelle comme dans de nombreux domaines. Son bilan économique en 8 ans plaide en faveur d’un jugement simple. Il ne sait pas, il ne comprend pas, il obtient des résultats catastrophiques. Sauf à imaginer que la chute de la France soit son projet, il me semble plutôt que nous avons une fois encore la démonstration de son arrogance et de sa fatuité. L’expression est d’une sottise inouïe.

Non, les Américains vont nous obliger à reconsidérer nos modèles économiques, privilégier le développement local, favoriser l’indépendance alimentaire, énergétique, industrielle. Or, depuis 8 ans, que reste-t-il de l’autonomie stratégique française ? Pas grand-chose. Toutes nos productions ont quitté le territoire, et même l’alimentaire est sacrifié pour quelques intérêts miniers pour l’automobile allemande, sans penser qu’il faudrait mieux innover sur des motorisations alternatives, non électriques. Seulement, cela signifierait que l’État cesse d’être bolchevique, à l’instar de l’UE ; en décidant de l’éolien, du moteur électrique ; comme dans les plans soviétiques, avec des bureaucrates et des législateurs qui décident à la place des inventeurs, des ingénieurs et des clients.

Peut-être bien que Trump va le surprendre, car les effets attendus de ces droits de douane sont bien ceux d’un sursaut du marché américain. Si celui-ci advenait dans les prochaines années, le jugement énarchique « Les bases de la théorie économique montrent le contraire », tomberait de nouveau aux oubliettes de la médiocratie qui nous gouverne, jusqu’à l’idiocratie qui nous menace vraiment.

Pierre-Antoine Pontoizeau, Riposte Laïque