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°° WEBTUBE : « Make America Wealthy Again », « Rendez sa richesse à l’Amérique » Le canal de Panama, le Canada, le Groënland ou la paix en Ukraine, tout cela reste encore assez flou dans la politique internationale de Donald Trump. Mais pour ce qui est de la guerre commerciale qu’il promet à toute la planète, c’est ce soir que l’hôte de la Maison-Blanche déclenche les hostilités. C’est « le jour de la libération ».
Au menu, taxes et droits de douane à tout va pour tenter de résorber les 1 200 milliards de dollars de déficit commercial que l’Amérique cumule chaque année avec ses partenaires commerciaux, autant dire avec le monde entier, y compris la Russie.
On attend les chiffres mais cela s’annonce brutal. On ne sait pas encore si Trump va instaurer une taxe universelle pour tous, ou bien faire du cas par cas avec chaque pays.
C’est la guerre contre les « Dirty 15″, les « 15 salopards » (source : Le Figaro Economie).
C’est avec ces pays que les Etats-Unis affichent les principaux déficits commerciaux :
– Chine : 320 milliards de dollars de déficit.
– UE : 247 md.
– Mexique : 176 mds.
– Vietnam : 129 mds.
– Taïwan : 76 mds.
– Canada : 74 mds.
– Japon : 72 mds.
– Corée du Sud : 70 mds.
– Inde : 50 mds.
– Thaïlande : 48 mds.
– Suisse : 49 mds.
– Malaisie 26 mds.
– Indonésie : 19 mds.
– Cambodge : 13 mds.
– Afrique du sud : 9 mds.
Le secteur le plus touché serait l’automobile, puisque 48% des voitures vendues aux Etats-Unis en 2024 ont été importées. Les premium allemandes, très prisées des élites d’outre-Atlantique, sont dans le collimateur de Trump.
Pour lui, c’est très simple, on doit acheter américain. Ce qui oblige les constructeurs étrangers à délocaliser vers les Etats-Unis et ce que de nombreuses marques vont d’ailleurs faire.
En coulisses, plusieurs pays tentent de négocier avec Trump pour sauver les meubles. Un deal comme les aime le milliardaire.
Tous les experts tentent d’évaluer les dégâts consécutifs à ce coup de massue sur les échanges commerciaux.
L’UE menace de riposter, mais comme toujours elle est divisée et se révèle plus douée pour les discours que pour l’action. Ursula von der Leyen prétend avoir « un plan solide » pour répondre à Trump, mais elle s’empresse d’ajouter : » Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles, mais nous le ferons si nécessaire. »
Ce qui est certain, c’est qu’une guerre commerciale avec les Etats-Unis serait catastrophique pour la zone euro, qui est déjà très malmenée avec la guerre en Ukraine, laquelle a torpillé sa compétitivité en coupant le gaz russe.
Selon la BCE, des droits de douane réciproques feraient chuter le PIB de la zone euro de 0,5%. Cela représente une centaine de milliards d’euros sur un PIB de 18 800 milliards.
Pour un pays comme la France, plombé par une dette approchant les 3 500 milliards et qui affiche une croissance déjà bien inférieure à 1%, ce serait encore un coup dur de plus, alors que le pays est à l’arrêt depuis la dissolution.
Il est clair que, pour Trump, droits de douane et sanctions sont le pilier de sa politique internationale. Il fera sans doute plier l’Europe sans grande difficulté car elle est faible et divisée.
Mais pour ce qui est de mettre les BRICS au pas, il se cassera les dents.
Parmi ces derniers, la Russie, l’Afrique du Sud et le Brésil sont tous assis sur un fabuleux trésor géologique. Tous ne veulent plus des diktats du monde unipolaire à la botte des Etats-Unis. Trump est sans doute un excellent homme d’affaires, car un milliardaire est rarement un idiot. Mais la manière avec laquelle il appréhende les dossiers les plus épineux, façon Règlements de comptes à O.K. Corral et menaces en tous genres, cette arrogance teintée de désinvolture, en dit long sur ses limites en ce qui concerne le domaine international. Trump est un homme d’affaires, pas un politicien.
Il veut la grandeur de l’Amérique mais se coupe de l’Europe et du Canada, ses seuls alliés avec l’Australie. Comprenne qui pourra. Ce n’est certainement pas seule contre tous que l’Amérique va dominer le monde et s’attaquer à la Chine.
Sa façon de gérer le dossier ukrainien, maniant sans arrêt la carotte et le bâton comme si le Tsar était un va-nu-pieds, révèle un amateurisme assez décevant alors que son élection promettait bon sens et pragmatisme.
Adossé à ses 6 200 têtes nucléaires, l’Ours russe ne va certainement pas se faire voler sa victoire militaire par un Donald Trump pressé d’en finir, alors que les objectifs de Poutine ne sont pas atteints.
S’il ne comprend pas que Poutine mène une guerre existentielle face à l’Occident conquérant et qu’il ne peut reculer avant d’avoir obtenu des garanties de sécurité pour la Russie et son peuple, c’est inquiétant.
Jacques Guillemain, Riposte Laïque