Etampes (91). Des pompiers caillassés lors d’une intervention pour une suspicion de Covid-19, retardant leur intervention. Le malade est décédé

Un habitant du quartier de la Croix de Vernailles est décédé ce jeudi après-midi. A leur arrivée sur place, les secours ont dû faire appel au 17 et ont été la cible de projectiles.

Tous les soirs, à 20 heures, de nombreux Français ouvrent leurs fenêtres pour applaudir le personnel soignant. A Étampes, ce jeudi après-midi, des pompiers en pleine intervention ont eu droit à un autre type d’accueil. Vers 17 heures 30, les secours sont appelés pour une urgence : un homme, suspecté d’avoir le coronavirus, se trouve dans un état critique chez lui.

(…) Ce caillassage a tout le moins « gêné » l’intervention des secours. Le massage cardiaque pratiqué sur la victime a été retardé de « 10 à 20 minutes », s’indigne Mama Sy, maire adjointe de la ville d’Etampes chargée de la jeunesse. « Ce sont des jeunes qui, d’abord, n’ont rien à faire dehors, note une source policière. Ils sont souvent regroupés ici pendant le confinement, au risque de véhiculer le virus. »

(…) Le Parisien

Michel Onfray : « le chef de l’Etat autorise les banlieues à contaminer à tout va qui elle voudra! Le message est on ne peut plus clair »

Le président de la République des mots

Chacun l’aura compris, Emmanuel Macron n’est pas un bon président de la République. Il s’avère juste le président des mots, celui qui parle, parle sans discontinuer, celui qui verbigère, qui étourdit à force de paroles, qui s’enivre de mots et voudrait griser son auditoire, tous ses auditoires, avec cette logorrhée qui n’en finit pas, qui n’en finit plus. Il voulait une parole rare? Elle est pluriquotidienne et dupliquée en éléments de langage partout serinés par ses perroquets de ministres –je ne parle pas de sa porte-parole, un précipité, au sens chimique du terme, de cette logocratie… Il avait promis la rareté de son verbe sous prétexte qu’il ne serait ni Sarkozy ni Hollande. Or, il est le premier sans l’action et le second sans la bonhomie: c’est à la fois un Sarkozy qui ne fait rien d’autre que laisser voguer le bateau maastrichtien et un Hollande méchant qui ne peut s’empêcher de cacher sa nature dès qu’il parle avec un quidam critique dans un bain de foule. Il parle sans cesse et sa parole se montre accablante, démonétisée, dévalorisée. Il n’est pas orateur, mais il croit que son pouvoir hypnotique, celui du serpent qui convoite l’oiseau, fera tomber de la branche tous ceux qui auront entendu sa rhétorique, sa sophistique. Mais il prend sa volubilité pour de l’éloquence, il croit que son amphigouri est une ligne claire, il pense que son bavardage est l’atticisme postmoderne. Il se trompe lourdement; il trompe lourdement.
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Au moins, sous la III°, les hommes politiques avaient été formés au latin et à ses périodes en traduisant Cicéron et Tacite. Ils savaient écrire et mémoriser parce qu’à l’école on apprenait et à écrire et à mémoriser: les dictées et l’analyse logique, l’orthographe et la grammaire, les récitations et le par cœur forgeaient des épées et de fines lames. A l’école d’après Mai 68, celle de Macron, nous n’avons plus que des couteaux à beurre sans lames et sans manches. C’est dire l’état de la coutellerie française…
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On ne peut expliquer les entrechats présidentiels qu’avec cette hypothèse que le chef de l’Etat est resté sur scène avec Madame Trogneux comme quand il avait quinze ans et qu’elle en avait trente neuf: le virus n’est rien d’autre qu’une grippette mais il faut confiner tout le monde, il faut rester chez soi mais vous devez aller voter, il faut rester confiné mais vous pouvez aussi faire vos exercices physiques, il ne faut pas fermer les frontières mais il faut les clore, on se fermera pas les écoles mais on les ferme, le virus n’a pas de passeport mais il a celui de Schengen, la maladie ignore les frontières mais on peut l’y contenir tout de même.

Dernière volte-face en date: le masque ne sert à rien mais il faut le porter.
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Cinq jours pour une toile de tente accueillant trente lits! Qu’en aurait pensé Napoléon?
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Pendant ce temps, les problèmes du non respect du confinement dans les banlieues est abordé place Beauvau dans une visioconférence datée du 18 mars. Le Canard enchaîné nous apprend qu’elle a permis à Laurent Nunez, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, de prendre une décision: interdit de « mettre le feu aux banlieues en essayant d’instaurer un strict confinement »!

C’est le monde à l’envers. C’est l’action de la police qui mettrait le feu aux banlieues qui refusent de respecter l’ordre public, autrement dit: qui méprisent la loi. Le confinement ne sert à rien s’il n’est pas respecté par tous, c’est le message que l’Etat français diffuse sur tous les supports médiatiques. Mais, en ce qui concerne les territoires perdus de la République, la République elle-même donne l’ordre de laisser faire à ceux qui sont censés la garantir. On ne peut mieux dire que le chef de l’Etat autorise les banlieues à contaminer à tout va qui elle voudra! Le message est on ne peut plus clair. Le jour venu, il faudra s’en souvenir.

Le préfet du Nord aurait quant à lui expliqué que les commerces illégaux (drogue, mais probablement aussi marché noir des masques de protection…) « exercent une forme de médiation sociale ». Encore un disciple d’Edwy Plenel qui va se voir épingler la breloque au veston lors du prochain 14 juillet, et ce des mains même du président de la République des mots!
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En avril 2019, Sibeth Ndiaye avait dit: « J’assume de mentir pour protéger le président de la République ». C’est la dernière fois qu’elle a dit une chose vraie. On ne l’y a pas repris depuis.
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Michel Onfray

Coronavirus: au Sénégal, l’état d’urgence a commencé avec une bastonnade de citoyens

Sputnik

Avec la montée en puissance du coronavirus qui touche de plus en plus de personnes, beaucoup de pays africains ont instauré des mesures visant à mieux circonscrire la propagation du virus. Au Sénégal, l’entrée en vigueur du couvre-feu a donné lieu à des scènes de violence qui ont choqué l’opinion.

Après le discours du Président Macky Sall au soir du 24 mars, l’état d’urgence est entré en vigueur le lendemain, sur l’étendue du territoire sénégalais.

Dans la foulée, un couvre-feu de 20h à 6h a été instauré, deux mesures qui étaient, du reste, réclamées par les experts sanitaires au regard de la multiplication des cas de contamination dans la population (96 cas, selon un bilan officiel établi le 26 mars).

Mais c’est sur les chapeaux de roues que le couvre-feu a débuté. Des images postées sur les réseaux sociaux ont montré des policiers bastonnant avec une extrême violence des personnes qui ont eu la malchance (ou l’outrecuidance) de se trouver encore dans les rues après 20h.

Ces violences policières ont été observées et filmées dans plusieurs quartiers de la capitale, dont la Médina. Elles ont même touché des membres du personnel médical de l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar qui ont quitté leurs locaux aux environs de 17 h avant d’être pris au piège de l’entrée en vigueur du couvre-feu.

Indigné par le manque de discernement des forces de l’ordre, le professeur Alain Khassim Ndoye, urologue et enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), a réagi sur sa plateforme WhatsApp.

«Ils ont passé leur journée au bloc opératoire. Ils ont été surpris par l’absence de transports en commun quand ils sont sortis à 17h. Certains ont marché jusqu’au garage Petersen [lieu de stationnement de minibus, ndlr] où ils disent avoir subi la violence des policiers pour finalement rebrousser chemin vers l’hôpital et y passer la nuit. Je parle du personnel soignant qui m’est proche, mais c’est valable pour tous ceux qui continuent à travailler dans ces conditions extrêmes… Le Sénégal n’avait pas besoin de ça en plus. Pr. Alain Khassim Ndoye, Hôpital Aristide Le Dantec.»

Sur les réseaux sociaux, la guerre a fait rage entre ceux qui soutiennent la bastonnade et ceux qui dénoncent la violence gratuite des policiers. Alioune Tine, président du think tank panafricain Afrikajom Center, a réagi sur son compte Twitter.

«On peut appliquer les textes dans le respect des droits humains. Pas de torture, de traitements inhumains et dégradants. Pas d’usage excessif de la force. On doit avoir le minimum de consensus sur ça», a-t-il posté.

Pour sa part, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a mis en garde policiers et gendarmes contre des poursuites judiciaires éventuelles.

Devant l’indignation populaire suscitée par l’attitude des forces de l’ordre, la police a publié en début de soirée un communiqué annonçant, entre autres éléments, que les agents qui ont été coupables d’«interventions excessives dans la nuit du 24 au 25 mars (…) ont été punis (…) avec toute la rigueur qui s’impose».

En plus haut lieu, le 25 mars, au cours du Conseil des ministres, le Président sénégalais a procédé au changement des horaires de travail dans l’administration publique, désormais de 9h à 15h durant la période indéterminée de l’état d’urgence et du couvre-feu.

La mise à l’index du professeur Raoult devrait signer la fin du Décodex

Boulevard Voltaire

Quand l’heure des comptes sera venue, que l’on mettra à plat tous les manquements, les négligences et les impérities, que l’on jugera ceux qui savaient et n’ont pas dit et ceux qui ont dit sans savoir, dans l’effondrement brutal de cet immense château de cartes gonflé d’importance, d’inconséquence, d’idéologie et de mauvaise foi, il y aura sous les décombres « Le Décodex ».

infaillible outil de « fact-checking », parole d’évangile, dogme de foi, Torquemada triant le bon grain de l’ivraie et vouant aux gémonies, c’est-à-dire à l’invisibilisation Facebook, dont il est le directeur de conscience.

C’est ainsi que le Décodex a apposé la mention « partiellement fausse » sur une publication du professeur Didier Raoult, comme ce dernier, non sans humour, l’a lui-même raconté, Facebook le gratifiant aussitôt de la sympathique mention « fake news » – relayée par le ministère de la Santé lui-même – et restreignant l’accès à la page.

Parce que la poignée de journalistes qui anime le Décodex est omnisciente. Elle voit tout, elle entend tout, elle sait tout et Facebook est son prophète. Elle peut en remontrer aux spécialistes de tous les domaines. L’épidémiologie, par exemple, lui est familière comme sa petite poche et elle a donc décidé, de son propre chef et sans l’ombre d’une hésitation, de censurer Didier Raoult.

Que l’on émette les réserves d’usage sur l’étude du professeur Raoult – ouverte et à petit effectif -, que l’on fasse remarquer que la chloroquine, quoique médicament éprouvé, a des effets secondaires – voire une grande toxicité quand mal administrée -, que l’on tempère la vague de fol espoir soulevée par la révélation de ce possible traitement par peur, en cas de déception, d’un désespoir en proportion, est une chose… mais que l’on traite un professeur de microbiologie, infectiologue et président d’université, maintes fois couronné, et auteur de moult publications reconnues et saluées, comme Monsieur-Diallo-grand-marabout-qui-sait-résoudre-tous-vos-problèmes-amour-chance-travail en est une autre. Que l’on peut appeler grave erreur déontologique.

Sans doute le profil du professeur est-il déroutant voire, pour certains, repoussant. Ce fils de médecin militaire né à Dakar – d’où son intérêt pour l’épidémiologie… et le traitement contre la paludisme qu’est la chloroquine ? – est inclassable : bachelier littéraire devenu médecin, fustigeant en France la sélection du « tout sciences », il a dénigré, dans Le Point, « le populisme » mais est aussi classé, sur sa fiche Wikipédia, « climato-sceptique », ce qui dans le climat, précisément, d’aujourd’hui n’est guère porteur. S’il n’a pas vraiment l’air de François Fillon, il est pourtant conservateur à sa manière, militant pour que les molécules existantes, créées au XXe siècle pour la plupart, soient considérées comme un patrimoine au service de l’humanité, déplorant qu’aujourd’hui de nombreux médicaments efficaces mais ne rapportant rien ne soient plus produits. C’en était d’un cheveu – blanc et filasse – pour la chloroquine…

Sans la phénoménale force de conviction déployée dans sa vidéo devenue virale en dépit des obstacles – et qui a attiré l’attention des conseillers de Donald Trump -, il serait encore au purgatoire, marqué de la pastille rouge du Monde. On peut légitimement se poser la question : combien d’autres précieuses publications sont-elles ainsi mises à l’index par le grand ordre du Décodex ?

Oui, quand tout cela sera fini, mes amis, la pastille rouge sera pour eux, bien visible sur le nez : celle de Bozo le clown. Et tout leur cirque sera fini.